Depuis le 1er janvier 2026, et de façon renforcée à partir du 1er avril 2026, les seuils de dispense de publicité et de mise en concurrence des marchés publics ont été relevés. Pour les entreprises, en particulier les PME, l'accès à la commande publique devient mécaniquement plus direct sur une partie des marchés. Mais un seuil plus haut ne change ni la sélectivité des acheteurs, ni la nécessité de construire une offre solide.
Ce qui change avec le relèvement des seuils
Le décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025, publié au Journal officiel du 30 décembre 2025, relève les seuils de dispense de publicité et de mise en concurrence préalables. Pour les marchés de travaux, le nouveau seuil de 100 000 € HT s'applique depuis le 1er janvier 2026. Pour les marchés de fournitures et de services, le seuil passe de 40 000 € à 60 000 € HT à compter du 1er avril 2026, date qui correspond également au nouveau seuil de dématérialisation et de recours au profil d'acheteur.
Le même texte abaisse par ailleurs le plafond de chiffre d'affaires minimal exigible des candidats, qui passe de deux fois à une fois et demie le montant du marché. L'objectif affiché est clair : réduire les délais et les coûts administratifs, et faciliter l'accès des entreprises locales à des marchés jusque-là verrouillés par des procédures plus lourdes.
Une bonne nouvelle pour les PME, mais pas une révolution magique
Pour une petite structure, l'avantage est réel : en dessous de ces seuils, l'acheteur public peut contracter de gré à gré, sans publicité ni mise en concurrence formalisée. Moins de dossiers de candidature lourds, moins de délais de procédure, et un accès facilité à des marchés locaux de faible montant.
Mais un seuil plus haut ne présage en rien de la qualité de la réponse attendue. Ce n'est pas parce qu'un marché devient accessible sans procédure formalisée qu'il devient plus facile à obtenir face à des concurrents eux aussi mieux informés.
Le risque : confondre accès facilité et réponse improvisée
Le relèvement des seuils peut créer un effet trompeur. Si davantage de marchés se traitent désormais de gré à gré, certaines entreprises seront tentées de multiplier les prises de contact sans réelle sélection ni préparation.
C'est rarement une bonne méthode.
Un marché de gré à gré reste une décision commerciale pour l'acheteur, qui continue de comparer les entreprises sur leur crédibilité, leurs références et leur capacité à tenir les délais. La simplification de la procédure ne dispense pas de savoir se présenter, de justifier son sérieux et de proposer un prix cohérent avec la prestation.
Ce que les PME doivent préparer dès maintenant
La première étape consiste à identifier les acheteurs publics de son territoire susceptibles de recourir à ces marchés de faible montant : collectivités, établissements publics, bailleurs sociaux, hôpitaux.
La deuxième consiste à préparer un support de présentation court et convaincant : références, moyens, délais, prix, sans attendre la publication d'un appel d'offres formel.
La troisième consiste à structurer une méthode de prospection directe, car ces marchés circulent souvent davantage par la mise en relation que par une plateforme de publicité.
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Une simplification qui ne remplace pas le positionnement
Même sur un marché de gré à gré, l'acheteur public continuera d'arbitrer selon des critères de fond : crédibilité, disponibilité, références locales, rapport qualité-prix. Une entreprise devra donc toujours expliquer pourquoi elle est la bonne option, et non se contenter d'être éligible.
Autrement dit, le sujet n'est pas seulement de pouvoir répondre plus facilement. Il est d'arriver avec une offre claire, des références mobilisables rapidement et une méthode de prospection déjà en place.
Ce que cette évolution dit de la commande publique
Ce relèvement des seuils traduit une tendance de fond : la commande publique cherche à réduire ses lourdeurs administratives pour les marchés de faible montant, notamment au bénéfice des entreprises locales et des PME.
C'est une évolution positive. Mais elle ne transforme pas ces marchés en canal automatique de croissance. La commande publique reste un environnement exigeant, avec ses règles, ses délais et ses codes propres.
Se préparer avant que la concurrence ne s'organise
Le relèvement des seuils peut attirer davantage d'entreprises vers ces marchés de gré à gré. C'est une opportunité, mais aussi une source de concurrence supplémentaire à court terme.
Les PME qui structurent dès maintenant leur approche pourront aborder cette évolution avec plus de méthode : meilleure identification des acheteurs, présentation plus claire, prospection plus directe et positionnement commercial plus solide.
Chez Public Value, nous aidons les entreprises à évaluer leur potentiel sur les marchés publics, à identifier les opportunités pertinentes et à construire une méthode de réponse adaptée à leurs objectifs.
Pour faire le point sur votre niveau de préparation, vous pouvez réserver un diagnostic offert de 30 minutes en écrivant à diagnostic@publicvalue.fr.
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